Il a eu tellement peur…

Depuis le début de l’épidémie de Covid, nous faisons très attention à cause de ma santé. Atteinte d’une polyarthrite Rhumatoïde, je suis sous immunos-suppresseurs, ce qui fait de moi une personne a risque. Depuis deux ans maintenant, je vivais avec la peur de la contamination, et des effets que cette saloperie aurait sur moi. Mon fils était briefé sur les gestes barrière à l’école puis au collège, et il les respectait de son mieux. Mais à Noël, tout à basculé.

Maux de gorge, nez encombré, grosse pression dans la tête, fièvre et fatigue intense. Je l’ai su tout de suite, le virus m’avait eue. Tous les symptômes d’Omicron étaient réunis, avant même de faire mon test, je savais que j’avais le Covid. J’ai appelé mon ex mari et lui ai demandé de garder notre fils afin de ne pas le contaminer, sur ma semaine de vacances. J’étais assez déprimée de ne pas le voir du tout pendant les fêtes, et si passer Noël seule dans l’avion (enfin seule, coucou mes 318 passagers !) avait été un coup dur, ne pas l’avoir du tout pendant les vacances m’a achevée.

Mais le pire, ça a été sa réaction. Quelques heures plus tard, lors du repas avec son papa, mon fils lui a demandé si j’allais mourir. Mon pauvre chat vivait, sans que nous le sachions, avec une angoisse bien plus forte que la mienne, il avait peur que le Covid ne lui prenne sa maman. Heureusement pour nous, Omicron étant quand même une variant moins coriace, j’ai mis 2 semaines à me remettre, mais je m’en suis sortie.

Vers le 11 ème jour cependant, j’ai fait une sorte de malaise incompréhensible. Une violente envie de vomir, et un besoin impérieux de dormir se sont emparés de moi. Comme ça, sans prévenir. Mon fils était avec moi car il s’était lui aussi révélé positif un peu plus tard, et à nouveau, la terreur l’a envahi. Pour lui j’étais en train de mourir. Je me sentais aspirée par un sommeil profond et violent, et, entendant pleurer mon enfant paniqué, j’ai résisté de toutes mes forces à l’endormissement. Je croyais moi aussi que si je ne résistais pas, c’était la fin.

Et je ne voulais pas faire vivre ça à mon fils. Deux heures plus tard, j’allais mieux, nous étions tous rassurés. Ça n’était peut être qu’une chute de tension, je ne le saurai jamais (il était tard et je n’ai pas eu le courage d’appeler le 15), mais c’était vraiment effrayant. Et encore pire pour mon fils. Nos enfants voient et entendent nos peurs face à ce virus, et ils gèrent comme ils peuvent toutes ces informations. Je ne me suis jamais aperçue à quel point mon fils était atteint par cette peur du virus, peur de la mort, que j’ai sans doute moi même, sans le vouloir, véhiculée en prenant toutes ces précautions pourtant nécessaires.

Peut-être que j’aurai pu réactualiser avec lui les informations sur la dangerosité du virus, mais au début d’Omicron, il n’y a pas si longtemps que ça, nous n’en savions encore rien. Alors nous avons beaucoup parlé, après. Maintenant que c’est derrière nous. Je fais semblant de ne plus être fatiguée pour lui, je souris et je passe du temps avec mon enfant. J’irai mieux, plus tard, de toutes façons !

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12 réflexions sur « Il a eu tellement peur… »

  1. Même cas de figure que toi. Je suis une personne a risque a cause d’un petit diabète et j’ai une spondylarthrite sous anti tnf. Mon fils de 12ans, sais qu’il doit respecter les gestes barrières mais … Le risque du moment est tellement grand, que d’aller au collège le stress. Alors quand semaine dernière, il est tomber malade, avec tout les symptômes du covid, il m’a demander de l’emmener se faire tester. Il avait vraiment peur de l’attraper et de me contaminer.
    Par chance, c’était négatif.
    Ça me fait « chier » que mon fils vive cette angoisse . J’ai l’impression de le priver de vivre sa vie d’ado et collégien pleinement.

    • Je suis tellement triste d’avoir mis cette pression sur ses épaules, j’ai l’impression d’avoir échoué dans mon rôle de protection…

  2. Non t’as pas échoué. Vu comment ça cours de partout, ton loulou aurait pu le chopper pareil. Tout comme toi. Malheureusement les personnes comme nous, devons redoubler d’efforts et je pense pas que c’est en le cachant a nos enfants qu’on est a risque, que ça va les protéger psychologiquement. Au contraire, ils feront encore plus attention sur les gestes barrières.
    De toute façon, nos enfants vivent une période anxiogènes comme jamais. Il suffit que l’enfant soit un poil sensible et paf ça joue sur eux.

    • Oui je le récupère demain, j’avais besoin de récupérer de ma fatigue et je n’arrivais pas à suivre les devoirs, il est allé 3 jours chez son père du coup.

  3. Essai de prendre des vitamines. Les pharmaciens savent quoi donner post covid. Surtout nous, avec nos défenses immunitaires pas top, on en a besoin. Encore plus que les « autres ».

    • Excellente idée, c’est clair que j’ai besoin d’un coup de pouce, passer l’aspirateur m’a demandé une sieste de deux heures pour m’en remettre. et je n’habite pas un château hein ! Merci pour tes mots réconfortants…

  4. Oh mais de rien. J’avais pas suivi que t’avais une polyarthrite alors ça me touche encore plus. C’est pas facile tout les jours à vivre, autant se serrer les coudes

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