Le texte à contraintes: les volets Myosotis

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En ce merveilleux dimanche matin, apercevant le soleil à travers les rideaux de ma chambre, je me décide enfin à sortir du lit. Mon premier geste, ouvrir la fenêtre. Le deuxième, après m’être frottée les yeux pour m’habituer à la luminosité, très vive pour un mois de Janvier, regarder le paysage qui s’offre à moi…

Quel bonheur merveilleux d’avoir enfin changé de quartier! Nous nous étions porté candidats pour obtenir ce nouveau logement, et nous avons eu l’immense chance que notre dossier soit séléctionné par le propriétaire! Nous vivons à présent loin de vicissitudes parisiennes, loin des bouchons et de la pollution. L’endroit n’a plus rien à voir avec notre ancien coin…

Vous vous souvenez sans doute du grand incendie qui m’avait fait si peur, me réveillant en pleine nuit, alors que mon Baby dormait, tétant sa sucette avec avidité! 21 scooters et motos, 2 voitures avaient brûlé sous nos fenêtres, et j’avais ressenti une panique intense, à l’idée qu’il pouvait arriver quelque chose au tout petit amour qui rêvait probablement de son tout nouveau puzzle en bois reçu le matin même!

Les coupables n’avaient jamais été retrouvés, pourtant une association de riverains avaient même fait appel à un détective privé, le payant avec l’aide des commerçants ayant tout perdu dans l’incendie (certains des véhicules appartenaient à un restaurant, pour ses livraisons).

Ce soir là, j’avais de plus regardé un film qui m’avait déjà provoqué bien des cauchemars, à savoir « Le silence des agneaux », dans lequel Hannibal Lecter, célèbre anthropophage et tueur en série, dévorait le foie de ses victimes, s’en délectant comme s’il se fût agit de maquereaux à la moutarde (enfin moi je préfère ça!)… J’étais donc mûre pour ne plus jamais retrouver le sommeil dans ce logement, sommeil que j’avais probablement déjà perdu depuis mon accouchement, plus d’un an plus tôt!

Je ressentais une terrible sensation d’étouffement, je me sentais oppressée dès que je passais le seuil de la porte d’entrée de ce qui avait été pourtant notre foyer. J’avais ressenti une seule fois ce sentiment, proche de la claustrophobie, quand lors d’une de mes escales, j’avais visité la pyramide de Guizeh… Trop loin sous la terre, peur de l’effondrement…

Nous étions alors partis, pour ne plus revenir, loin de cet appartement maudit! C’est en sympathisant avec le propriétaire, numismate, et en lui promettant de lui ramener des pièces de chacun des pays que j’allais visiter, que nous avions obtenu de signer le bail de notre nouveau chez-nous…

Nous vivons maintenant dans une jolie maisonnette, avec des volets couleur myosotis (c’était mon rêve!). Les soirs de pluie, à la place des klaxons incessants, nous profitons du chant de quelques grenouilles amoureuses et mélomanes…

Quand donc, en ce dimanche matin, j’ouvre la fenêtre de notre chambre, inspirant profondément ce bon air pur, et que mes yeux se posent sur le joli rhododendron que mon cher mari nous a planté en arrivant, quelques mois plus tôt, ses fleurs d’un mauve magnifique encore recouvertes de rosée, je me dis, que finalement, c’est vrai, le bonheur est dans le pré…

 Retrouvez ce texte ainsi que ceux d’autres essayistes ici, chez « Quand Emi’lit dans les Champs ». Les mots en italiques ont été imposés!

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