Maman solo, maman héro? #11

Anonyme…

Quand je l’ai rencontré j’avais 18 ans, il avait beaucoup de charisme, toutes les filles lui couraient après (donc moi aussi). Au début nous sommes sortis ensemble juste pour le fun, je ne lui demandais aucun compte et il papillonnait revenant toujours à mes cotés. Mais avec le temps nous sommes devenus un couple et 2 ans plus tard nous avons emménagé ensemble. Nous étions des fêtards et ne loupions aucune occasion de sortir, du mercredi au dimanche nous arpentions les diverses soirées de la ville. J’avais des doutes parfois sur sa fidélité, nous nous disputions souvent à ce sujet, mais chaque fois nous nous réconcilions.

Quand il est rentré dans le monde du travail il a eu à faire beaucoup de déplacements, absent la semaine pour le travail, souvent absent le week-end pour le sport, nous nous voyions peu et ces rares moments étaient pour moi des moments de bonheur, j’étais devenue accroc à lui. Une année j’ai eu la preuve d’une de ses infidélités, nous nous sommes séparés, mais j’étais si malheureuse sans lui que lorsqu’il m’a promis monts et merveilles je suis revenue pleine d’espoir.

Au bout de 7 ans de relation il a émis l’idée d’avoir un bébé ensemble, j’ai cru que c’était la preuve de son amour éternel et le mois suivant j’étais enceinte. Quand nous avons appris la nouvelle il était fou de joie et me présentait comme sa fierté, il voulait que je le suive partout (quitte à dormir dans la voiture lors des we sportifs tellement les fatigues des premiers mois me terrassaient). Et puis un jour il a refusé que je l’accompagne à une soirée sous prétexte qu’il souhaitait que je me repose (j’étais enceinte de 4 mois), et tous les week end qui ont suivi il trouvait une excuse pour ne pas que je sorte avec lui. A 5 mois 1/2 de grossesse je suis allée en vacances chez mes parents il était prévu qu’il me retrouve 3 semaines plus tard pour ses congés, il est bien venu mais avec une semaine de retard prétextant du travail. Je l’ai trouvé très distant durant cette quinzaine à mes cotés, il ne quittait jamais son portable et un soir je l’ai surpris au téléphone, il était gêné. Il m’a juré qu’il ne me trompait pas mais les doutes se sont installés. A mon retour de vacances on m’a imposé le repos, il a continué à sortir « pour profiter avant l’arrivée du bébé », il partait en week end, ne m’accompagnait à aucune écho alors qu’un retard de croissance était suspecté pour le bébé. J’ai beaucoup pleuré pendant cette fin de grossesse, épaulée par un couple d’amis, je sentais que je le perdais mais je ne trouvais aucun moyen de le retenir. Un soir 15 jours avant l’accouchement lorsqu’il est rentré au petit matin je l’ai supplié de me dire la vérité… Et cette vérité que je niais si terrible est arrivée : il avait rencontré quelqu’un quand j’étais enceinte de 4 mois, il comptait me quitter à la naissance « pour ne pas gâcher ma grossesse »… cette nuit là le monde s’est écroulé, j’ai pleuré, hurlé, supplié, je me souviens mêmem’être tapé la tête contre les murs, l’avoir frappé… Ma fin de grossesse a été terrible, je me noyais dans les larmes, j’avais peur de communiquer ma tristesse à mon bébé et devant mon entourage je faisais semblant que tout allait bien, mais j’avais peur, peur qu’il me quitte, peur de me retrouver seule avec le bébé, de ne pas pouvoir assumer.

Il a assisté à l’accouchement, quand mon fils est né et qu’on me l’a posé sur mon ventre, j’ai croisé son regard et étrangement j’ai su que j’aurais la force d’accepter. Au retour à la maison je lui ai dit que si il voulait il n’avait qu’à partir… il a fait son sac et est allé la retrouver… il passait à la maison de temps en temps pour voir son garçon… A chaque fois que je prenais le bébé dans mes bras je me mettais à pleurer, je ne mangeais plus, au bout de 15 jours je n’arrivais plus à me lever, épuisée de fatigue et de chagrin, il a pris peur, il a appelé mes parents qui sont venus me chercher pour me ramener chez eux avec le bébé à 500km de chez nous.

Je suis devenue une maman solo… Je détestais ce statut, j’en avais honte, surtout avec un bébé si petit, quand les gens se penchent sur la poussette et demandent où est le papa. Heureusement j’étais soutenue par ma famille. A chaque vacances je devais me séparer de 500km de mon bébé, et durant ces séparations je sortais un maximum et pour éviter de me retrouver seule dans mon appartement je dormais chez le premier mec qui passait. J’étais devenue infidèle, instable, excessive… Quand mon fils était absent je ne mangeais pas (pour équilibrer mon budget). Schizophrène entre ma vie de maman qui doit tout assumer et ces périodes d’ivresses incontrôlées. J’ai essayé plusieurs fois de me mettre en couple mais j’avais si peu de considération pour mon compagnon que je le faisais beaucoup souffrir, je voulais maîtriser et l’infidélité me permettait de me dire que j’avais le
contrôle.

J’ai fait beaucoup de mal autour de moi, plus une personne disait m’aimer et plus je lui faisais du mal, Je ne comprenais pas que l’on puisse m’aimer, je ne me regardais jamais dans la glace ou alors pour pleurer. Je consacrais par contre beaucoup de moments à mon fiston, tout le monde pensait que j’assumais, que j’étais épanouie, j’ai même une amie qui disait que finalement c’était génial d’être maman célibataire…

Cette période a duré 4 ans, mais j’ai l’impression qu’elle en a duré le double, tellement elle a été épuisante.

Et puis alors que je cumulais les CDD, j’ai trouvé un boulot fixe et j’ai rencontré celui qui partage ma vie aujourd’hui… Je suis tombée amoureuse, il m’a tout de suite donné l’envie de le respecter, je me suis sentie tout de suite à l’abri dans ses bras, sereine, équilibrée. J’ai de plus en plus apprécié me retrouver seule chez moi, il m’a sauvé…

Ma vie de maman solo est derrière moi, gravée tout de même à l’intérieur de ma chair, je ne regrette rien mais cela dit il n’aurait pas fallut qu’elle dure plus longtemps. Mon fils a 10 ans, il ne sait pas que j’ai souffert de la séparation, je lui dirais sans doute un jour quand il sera suffisamment grand pour comprendre.

Aujourd’hui je déteste quand les gens se séparent autour de moi, je ne comprends toujours pas que l’on puisse cesser d’aimer quelqu’un avec qui on a eu un enfant. Je suis toujours solidaire des mamans solos de mon entourage car je sais que derrière certains sourires, derrière l’impression d’assumer peut se cacher parfois un grand désarroi. Pour rien au monde je ne souhaiterais retrouver ce statut même si aujourd’hui je n’en n’ai plus honte. Je ne pardonnerais jamais au père de mon fils d’avoir gâché ma grossesse et d’avoir fait de notre fils un enfant de parents séparés.

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7 réflexions au sujet de « Maman solo, maman héro? #11 »

  1. je viens de voir le rappel sur fb sur cet article !!! je me retrouve sauf que me vit de maman solo a duré 3 mois.
    Et le papa il est parti aussi avec une autre pendant la grossesse mais je suis heureuse sans lui je profite de la vie jolie histoire qui se termine bien

  2. juste te dire parle a ton fils il est grand ma fille a vécu la situation des la naissance et je lui ai tjs dis que son papa je l’ai aimé mais pas lui et maintenant elle a 16 mois et elle aime son autre papa et son papa et je ne lui ai jamais rien caché

  3. Bonjour,
    J’ai lu l’article ce matin mais j’avoue pas pris le temps de commenter…
    Quel témoignage, je ne sais même pas quoi en dire…
    C’est parfois difficile à 2, l’arrivée d’un bébé mais se retrouvé seule avant même qu’il ne naisse…
    Très courageuse toutes ces mamans solos!
    Bravo pour cette jolie rubrique Flying-Mama!!

  4. ton témoignage est poignant. ici on s’est séparée parce que nous n’étions plus un couple, nous faisions de la cohabitation parentale. Ce n’est pas faute d’avoir tout essayé pour recoller les morceaux mais rien à faire. Il s’absentait de plus en plus comme pour nous éviter, il évitait les sorties à 2 ….. il a même flirté avec une collègue de boulot …. moi je n’en pouvais plus, après avoir pleuré, supplié, fait du chantage et que rien de tout ne fonctionne j’ai décidé de tout stopper. Je m’auto-détruisais, je pleurais tout le temps, ne dormait plus, ne mangeait plus, c’est que je me suis vu pour ainsi dire morte que j’ai décidé de reprendre ma vie en main mais sans lui ….. cette décision à été dure à prendre, ma meilleure amie a été la pour m’épauler, au même moment un autre est entré dans ma vie, il a tout bousculé mais dans le bon sens du terme, qlq part il m’a sauvé ….

    son arrivée n’a pas été accepté par le papa de mes enfants mais j’ai décidé pour une fois de penser à moi, pendant 10 ans je n’avais vécu que pour lui et nos blonds. J’ai tout de même demandé l’avis de mes enfants qui m’ont soutenu.

    quoi qu’il en soit, même si aujourd’hui je suis heureuse, cette rupture est un échec pour moi, on aimerait tellement pouvoir vivre une histoire qui rime avec toujours ….

  5. C’est un témoignage très fort et émouvant… Heureuse que tout se termine bien, même si la blessure est encore là. Je suis vraiment admirative de ton courage, de ta force… et de celle de toutes les mamans solos. C’est si dur d’élever un enfant, alors seule… Chapeau.

  6. Je ne découvre cet article que maintenant, grâce à un partage et je suis très touchée… Je ne suis pas indifférente aux séparations surtout quand il y a des enfants. cet article m’a beaucoup émue et je comprends mieux ce qu’a pu ressentir cette toute jeune maman… un vrai cauchemar…le deuil de son amour en même temps que la naissance du fruit de cet amour !!!! Heureuse que cette histoire soit derrière elle :)

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