Le jour où j’ai perdu mes ailes

sans ailes

Il y a quelques jours, j’ai perdu mes ailes. Un moment d’inattention, un talon qui glisse, un escalier, un énorme crac. La douleur qui monte, qui se diffuse, qui fait verser des larmes. Des copines autour de moi, qui n’en croient pas leurs yeux. Les pompiers ne veulent pas venir me chercher. Mon urgence n’est pas de leur ressort. C’est une ambulance qui m’emmène. J’ai mal, je claque des dents et tremble de tous mes membres. J’entends au loin une sirène et je me demande si les voitures sur la route vont laisser passer ce véhicule pressé…

Mon amie, ma grande amie Cynthia est avec moi. Elle me tient la main, me fait sourire, et prend des photos pour la postérité et instagram. Soit on continue de faire ce qu’on fait quand on est ensemble: rire et bloguer, soit on pleure toutes les deux, et je préfère essayer d’oublier la douleur qui irradie ma jambe. J’arrive avec un lapin géant à l’hôpital, tout le monde veut le garder. Je les fais sourire eux aussi, ce personnel d’hôpital public pour qui j’ai une totale admiration.

Je vais à la radio. Je pousse quelques hurlements de douleur que j’entends comme s’ils venaient de la salle d’à côté. On me force à changer la position de mon pied, je vois des étoiles, j’ai une violente envie de vomir. On me conduit chez le médecin, ma tension est très basse, j’ai très mal. Les antalgiques commencent heureusement à faire leur effet. Et le verdict tombe, ça n’est pas qu’une entorse, il y a un arrachement osseux. C’est mauvais, très mauvais. Pour mon métier surtout.

Trois semaines de plâtre pour commencer, trois semaines sans voler, sans gagner d’argent, sans sortir de chez moi, sans pouvoir prendre de douche seule, sans pouvoir m’occuper convenablement de mon fils. A la douleur s’ajoute une angoisse toute neuve. Bientôt je récupère mon fils. Comment vais-je aller le chercher à l’école?

On en me laisse pas partir plus loin dans cette réflexion déprimante, je passe en salle de plâtre. Je demande à aller aux toilettes avant. Je suis pieds nus, je m’aide d’une béquille tordue trouvée là, et je claudique jusqu’aux toilettes de l’hôpital. Je parviens à ouvrir la porte mais pas à la fermer. J’arrive à jeter quelques feuilles de papier sur le sol jauni et humide autours de la cuvette, je plie mon genou pour m’accroupir, sur une jambe, au dessus de la cuvette et je commence à me soulager. Ma jambe tremble, je ne peux pas m’asseoir, c’est trop sale!

Lorsque je retourne en salle de plâtre je suis épuisée. L’infirmier me dit d’attendre avant de m’asseoir qu’il ait mit la protection. Je lui rappelle que je suis allée aux toilettes pieds nus, et qu’il ne peut rien m’arriver de pire. Je lui demande s’il est possible de procéder à l’amputation de mon pied souillé, ça le fait rire et moi aussi. Plusieurs bandes de plâtre sont nécessaires, j’ai des crampes… C’est lourd, c’est encombrant, j’ai toujours mal, et mon pied n’étant pas dans la bonne position, le médecin s’applique à le remettre à 90 degrés. Je hurle de douleur, un rideau noir vient obscurcir mes yeux. Il recommence, encore, et encore. Je me dis que tout l’hôpital va rappliquer pour voir ce qui se passe mais non, les cris et les hurlements sont leur quotidien.

Voilà, c’est fini, je peux rentrer chez moi. Ma copine picarde est rassurée, mon copain nous a rejoint en voiture, elle n’aura pas à se repérer seule dans Paris. C’est avec soulagement que je rentre enfin chez moi. Bien entourée, choyée, j’arrive même à passer une très bonne fin de soirée! Je mets du plâtre partout, il ne sèche pas très vite. Il est 4 heures du matin lorsque je me couche enfin, et pendant que Cynthia dort près de moi, je commence une nuit épouvantable. Impossible de fermer l’oeil.

Ce n’est que le début, moi qui m’étais inscrite à une salle de sport, qui avais plein de projets en tête, qui commençais à se dire que finalement 2016 allait être une bonne année, je me retrouve plâtrée et dépendante des autres pour la vie quotidienne. Je déteste, je voudrai déjà en être à la guérison… Je ne sais pas où puiser le courage dont j’ai besoin et j’en ai marre d’avoir mal… Et surtout, je ne vais plus voler, j’ai perdu mes ailes…

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22 réflexions au sujet de « Le jour où j’ai perdu mes ailes »

  1. Bonjour,
    un récit matinal plein d’émotions. Je vous souhaite du courage et pas de doute que vous aurez l’énergir et l’amour des vôtres pour vous aidez à vite vous remettre.
    Des bises

  2. Coucou j ai eu 7 opérations des chevilles… la meilleure clinique de suivie et de soins c est Nollet à Paris … j ai été opérée à St Ouen clinique du Landy qui est géniale aussi. J ai eu des arrachements ligamentaires mal soigné une vraie plaie sur lez deux chevilles…Et grâce à eux j ai une vie normale…. sérieux faire un plâtre l ancienne alors que le.plâtre en résine est plus léger et plus facile c est un peu nul… et les toilettes dur dur… courage. Si tu fais une bonne rééducation tu retrouveras tes ailes …

  3. Hello

    Comme dit mon mari Flying-papa, quand on peut pas voler la seule chose dont on vous ampute, c’est votre salaire! D’un autre côté, ne pas pouvoir aller faire du shopping en escale vous donnera l’occasion d’économiser ! Et de trier des tonnes de photos (par exemple)!
    (Jeter un oeil du cote de votre mutuelle pour les possibilités d’aide au déplacement, garde d’enfant, etc, pendant cette période de mobilité réduite).
    Et surtout bon courage!

  4. Salut Isa,
    Ma pauvre, je compatie de tout mon coeur….j’espère que tu vas vite guérir, en attendant, prends ton mal en patience, y a vraiment que ça à faire.
    Grosses bises et plein de courage!!
    A bientôt,

    Isa.

  5. Heureusement que cette super Cynthia t’a accompagnée.
    Je souffre pour toi…. bordel que tu as du avoir mal.
    Je te souhaite bon courage car je comprends à quel point cette situation est fâcheuse (pour ne par dire autre chose !). Prend soin de toi, pour guérir plus vite

  6. Ma belle, je te souhaite un bon rétablissement, vraiment.
    Tu as perdu tes ailes mais je suis persuadée que tu vas vite les retrouver… Tes projets changent mais peut-être est-ce l’occasion de te poser et d’écrire un super second livre ?! Il faut du temps pour ça, du calme aussi.
    En tous cas je pense fort à toi et j’espère que tu trouveras les solutions pour pouvoir voir et t’occuper de ton adorable fiston.

    Je t’embrasse fort fort Isa !

  7. Ma belle, je te souhaite un bon rétablissement, vraiment.
    Tu as perdu tes ailes mais je suis persuadée que tu vas vite les retrouver… Tes projets changent mais peut-être est-ce l’occasion de te poser et d’écrire un super second livre ?! Il faut du temps pour ça, du calme aussi.
    En tous cas je pense fort à toi et j’espère que tu trouveras les solutions pour pouvoir voir et t’occuper de ton adorable fiston.

    Je t’embrasse fort fort Isa !

  8. Bonjour,
    Je suis désolée pour toi de cet épisode et j espère que cela sera vite derrière toi!! J ai une question bête mais pourquoi dis tu que tu n auras plus d argent? Tu n as pas droit à un arrêt de travail chez air France??? Du coup tu seras payée même si tu ne travailles pas non? J espère que cela sera bien le cas!
    Courage courage

  9. Bonjour à vous,
    Votre histoire me parle beaucoup, j’ai été victime de cet accident au travail il y a maintenant plus de 6 mois ! « Rattage » d’une seule et dernière marche ! C’est une horreur !! La douleur, le « comment j’vais faire ?? ». Le fait de perdre son indépendance et de ne plus pouvoir travailler. La toilette, les toilettes, se déplacer avec ces satanées béquilles etc…. J’ai eu des complications et aujourd’hui, ça commence tout juste à aller mieux. La rééducation fait un bien fou !
    J’entends encore ce « CRAC !!!! » !!!! La vache ! Cette douleur, ces haut-le-cœur qui l’accompagnent.
    Mes pensées vous accompagnent. Et même si il y a des choses plus graves dans la vie… Et bien, à ce moment là, NON !!!!
    Je vous envoie plein de bonnes ondes !
    Bien à vous

  10. Bon courage. Pour avoir vu MonsieurChéri passer par là, j’imagine très très bien la galère logistique, encore plus en tant que maman solo :-/. J’espère que tu es bien entourée. Je te souhaite un rapide rétablissement.

  11. Et bien qu elle histoire!
    J aime bcp ton blog et tes recits d hotesse de l air….je suis une grande cliente des companies aerienes et voyage tout le temps avec mon travail, alors j aime bien voir l autre cote du mirroir….
    Tu sais parfois les choses arrivent pour une raison, tu as peu etre queque chose que tu as tres envie de faire mais que tu ne pouvais pas….trouve un projet et lanse toi pour les prochaines semaines….
    Pleins de courrage
    Bisous julie

  12. « …et pendant que Cynthia dort près de moi, je commence une nuit épouvantable. Impossible de fermer l’oeil… »
    Elle a ronflé à ce point ??? 😀
    Pardon ! J’espère que tu te sens mieux maintenant…
    Gros bisous et bon courage

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