Dans le métro

métro

Ce matin j’ai pris le métro pour me rendre dans un ministère. J’avais pour l’occasion revêtu une robe à fleurs à la longueur raisonnable, et mes chaussures préférées ornées de gros noeuds. Du noir pour l’élégance, du rose pour la gaieté, j’étais prête à traverser Paris! En sortant de chez moi, j’entendais les oiseaux chanter, il ne pleuvait presque pas, et telle Blanche Neige dans la forêt j’avais envie de sautiller en chantant… Ce spectacle affligeant aura été épargné aux passants, la peur de reperdre ma cheville ou autre dans une nouvelle cascade ayant légèrement réfréné mes ardeurs bucoliques. Et puis point de bois sombre ni d’animal sauvage amical à l’horizon…

Je sortais de chez moi le coeur léger et impatiente d’arriver à destination. 400 mètres et j’allais arriver au métro. Je n’avais pas encore mal aux pieds et ça allait être rapide! Des pas pressés derrière moi résonnaient, une personne allait me dépasser, poliment, je libérais un espace sur le trottoir en me serrant sur la droite. Bizarrement la cadence a semblé ralentir, et à mon niveau, presque s’arrêter. Un homme se retourne et me sourit. « Bonjour Mademoiselle! ». Rien de plus. Interdite, je ralentis cependant assez pour laisser une certaine distance s’installer, même si ça n’était pas si désagréable en toute honnêteté!

Je suis parvenue sur le quai du métro et un homme se poste juste derrière moi après m’avoir détaillée des pieds à la tête. Enfin des pieds à la poitrine pour être exacte. Je commence à être moins tranquille et avance au moment où le métro entre en station, mettant quelques mètres sécurisants entre l’homme et moi. Je rentre dans un wagon bondé, le nez collé sur les aisselles d’un type qui devait certainement terminer sa journée de travail, à en juger par l’odeur.

J’essaye de tourner la tête et mon regard s’arrête sur un homme qui me dévisage. Il est assez près pour que je me rende compte qu’il bloque sur mes lèvres. C’est très gênant, je suis mal à l’aise. Heureusement à la station suivante il sort, ainsi que « pue des d’sous d’bras », je respire mieux. « Hey, trop cool tes chaussures! » Ah, merci Monsieur. « On se boit un café? », bah non Monsieur, là tout de suite j’ai rendez-vous avec une ministre et je n’ai pas du tout le temps de papoter. « C’est pas grave t’as un gros cul de toutes façons »… Heu… Connard.

Changement à République, deux mondes se confrontent. Des travailleurs en costume pressés, des anti-sociaux furieux après ce gouvernement qui se dit une république (mais qui si possible voudraient bien un peu de sous quand même, pour manger, pour boire), et comme tout le monde marche très vite personne ne s’aperçoit. Moi je commence à souffrir de la cheville, j’ai présumé de mes forces, je ralentis le rythme en montant les escaliers. « La princesse elle est bonne ma parole! »

Putain, ça y est, ils m’ont gonflée. L’allégorique joie de vivre du début de ma promenade se transforme en suicide d’amour propre. Ils commencent sérieusement à m’échauffer les miches avec leurs techniques de drague à deux balles. Et si je pouvais juste prendre le métro en jupe et en talons, comme ça, et qu’on me foute la paix? Hein? Ca serait cool que quand je montre mes gambettes on me laisse avancer sans insulter mes fesses, me dire des grossièretés et me faire des propositions indécentes!

Le métro, ce lieu où quand tu ressors tu as perdu tout self-control juste parce qu’aujourd’hui t’avais décidé de t’habiller en fille. La prochaine fois je la mettrai dans les toilettes à l’arrivée ma jolie robe! Ca m’évitera d’avoir envie de fermer des bouches en y fourrant ce que j’aurai presque pu arracher d’entre leurs jambes! Messieurs les futurs eunuques, si vous me lisez…

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11 réflexions au sujet de « Dans le métro »

  1. C’est révoltant en effet que nous ne puissions plus sortir de chez nous librement, sans se sentir mal à l’aise …. Les lieux publics devraient être un endroit où l’on puisse être libre, sans regard malsain, comme n’importe quel homme. Cette fois ci c’était en journée mais je n’ose imaginer un soir :(

  2. j’en peux plus de ces harcèlements au quotidien, c’est clair ! Et encore, je suis pas une bombasse comme toi :)
    Si qqn sort un livre sur les bonnes phrases à leur balancer, à ces connardqueutards, je prends :) #abonneentendeuse

  3. Totalement affligeant !!!! Mais pour qui se prennent ils à la fin !? N’a ton pas le droit de nous balader habillée comme bon nous semble sans ce harcèlement à 2 balles ?

    Le métro, l’endroit le pire pour moi

  4. c’est quand même incroyable qu’ils se sentent tout permis comme ça, on ne les agresse pas quand ils ot le Q à l’air avec leurs pantalons qui tombent!!!
    Et puis cette réflexion de merde sur ton gros popotin…!!!!!
    ptite bite vas!!!!!

    pardon, ça m’a énervée pour toi, pour nous toutes, et je ne prends jamais le métro, heureusement pour moi sinon j’aurais la nausée tous les jours!

  5. C’est hallucinant!!!
    J’y étais hier aussi au ministère, j’ai également prit le métro… Mais en partant de chez moi, j’ai oublié mon écharpe. ERREUR!!! Je n’avais pas un décolleté plongeant, et pourtant j’ai senti ces regards insistants sur ma poitrine… J’ai également eu droit à un « hey pas mal ^^ » en plein rue…
    Pour info je suis enceinte de 5 mois & on ne passe pas à côté de mon bidon!!!
    Heureusement que je ne bosse pas sur Paris quoi! 😮

  6. C’est affreux.
    Quand je dois aller dans les locaux parisiens de mon entreprise, je choisis mes tenues « à cause du métro ». Et ça m’exaspère !
    Pas de talons, pas de jupes, pas de shorts. Ca ne devrait pas être comme ça !

  7. Les loosers !
    Les lourds !
    Ou comment avoir l’impression d’être un Moreau de viande
    Au final ils forcent rien « pecho » et passer leur journee à balancer dès âneries :/
    Pauvres mecs
    Des bisous

  8. moi jamais au grand jamais je ne montre mes jambes dans le metro. Sauf canicule extreme.
    Je sais c’est con, on ne devrait pas avoir a faire ca… Mais bon voila, drague lourde des mecs moi j’en peux plus.

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