Moi, Valérie, 30 ans, infirmière diplomée d’état en pédiatrie!

enfant hospitaliséValérie est une jeune femme que je connais depuis qu’elle est née ou presque, puisque c’est une amie d’enfance de ma petite soeur… C’est quelqu’un d’adorable, qui a,  il y a quelques temps décidé de changer de vie, et de passer son concours d’infirmière pour enfin réaliser son rêve et travailler en pédiatrie. Je salue ici son courage, et la remercie d’avoir accepté de témoigner!

Vendredi. 6h50. Le réveil sonne. Cette fois on y est. Je me lève la boule au ventre. C’est mon tout premier jour comme infirmière. Moi qui était encore stagiaire il y a 4 mois, je vais être lâchée toute seule comme une grande. Une grande fille terrorisée.

valérie infirmière pédiatriqueMon truc à moi, c’est la pédiatrie. J’y ai fait deux stages lors de mes études : en chirurgie et en oncologie (cancérologie). J’ai également fait mon mémoire sur un sujet de pédiatrie : « Papa, Maman, l’infirmière et moi : la place des parents lors du soin en pédiatrie ». J’ai tout bien en tête, prête à affronter ce qui m’attend.

La pédiatrie est un service vraiment à part. On y prend soin des enfants, mais également de leurs parents. J’aime faire partie de cette triade qui représente un précieux travail d’équipe, même si la collaboration n’est pas toujours évidente. Le prendre soin ne s’arrête pas à l’enfant. Le soigner, c’est aussi prendre soin de ses parents. Et je fais de mon mieux pour les impliquer au maximum dans la prise en charge pour rassurer l’enfant, mais également pour qu’ils se sentent accompagnés et soutenus dans des moments plus ou moins éprouvants.

A l’école, on nous apprend à faire preuve d’empathie, sans tomber dans la sympathie, qui est un handicap au soin. Alors pour chaque famille, pour chaque chose à gérer, je me pose toujours la question de savoir comment j’aimerais qu’on fasse si j’étais à leur place. Quand je dis aux gens que je travaille en pédiatrie, j’entends sans cesse la même chose : « oh la la moi je ne pourrais pas ! Les enfants qui souffrent bouhh quelle horreur !».

Oui, c’est moche, quelqu’un qui souffre c’est moche, mais un enfant qui souffre, ça défie en plus l’ordre des choses de la vie… Quand j’entends ça, je me fais à chaque fois la remarque que pourtant moi j’y arrive. Peut-être n’ai-je pas de coeur ? Suis-je insensible ? Je sais bien que non. Je crois surtout que je n’ai pas d’enfant, que ça aide énormément à ne pas faire de transfert et que j’ai une super tenue blanche qui, à défaut d’être à l’image des fantasmes de ces messieurs, me permet d’arriver à doser la Valérie humaine et la Valérie professionnelle, de façon à ce que l’une et l’autre collaborent pour être une bonne soignante. En tout cas j’espère y arriver. Il y a toujours du ressenti et de l’émotion chez les soignants, mais vous ne le verrez pas forcément.

Je me lance dans un métier difficile je le sais, dans un métier qui a usé ma maman, mais qu’elle a tellement aimé qu’elle m’en a transmis le gène. A moi les journées de 12h, les nuits, les kilomètres parcourus dans le couloir, le salaire au lance-pierre, les douleurs tant physiques que psychologiques. Mais y a-t-il beaucoup de métiers qui donnent cette satisfaction, au-delà de la fatigue, de se dire à la fin de la journée : j’ai aidé, j’ai soutenu, j’ai relevé, j’ai pris soin.

De ma petite expérience comme infirmière à l’hôpital, je voudrais remercier les enfants et leurs familles, qui ne voient pas forcément la souffrance physique et morale que que cela peut être parfois d’être jeune diplômée, mais qui, malgré ce qu’ils traversent, par leurs sourires, leur innocence, et leurs mots précieux, m’ont aidé à y retourner matin après matin jusqu’à trouver la confiance, et me sentir enfin… Infirmière!

 

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4 réflexions au sujet de « Moi, Valérie, 30 ans, infirmière diplomée d’état en pédiatrie! »

  1. beau temoignage et bienvenue dans la profession….. moi je bosse en rea… et j’entends regulierement aussi « oh la la quel courage moi je pourrais pas, y’a que des morts!!! »
    oui en rea on meurt… 1 patient sur 3 ne sortira pas du service vivant, c’est les stats nationales et on est dedans….. mais en rea, il y a de la vie aussi…. beaucoup de vie, un personnel qui vit, des familles qui vivent et un patient qui vit, qu’on oblige a vivre, qu’on recupere « par la peau des fesses » quand son corps dit stop mais que nous on dit « encore »…..
    et quel beau cadeau quand apres une batailles de plusieurs semaines voir plusieurs mois, les patients viennent nous voir sur les 2 jambes, le sourire aux levres et nous disent « merci…. merci tout simplement de m’avoir permis de vivre encore »….. parce que oui en rea il y a de la vie aussi!!!
    Certes ce n’est pas un metier tout rose mais on apprend tellement….

  2. Bonjour,
    Ton article est superbe. Je suis actuellement en 3ème année en soins infirmiers et j’ai pour sujet de mémoire un thème similaire. Serait-il possible que tu me l’envoies par mail (pas de plagiat biensur) afin que je puisse avoir les idées plus claires ?
    Merci par avance,
    C. Amandine

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